PARTI PRIS – novembre 1964

La revue Parti Pris (1963-1968), fondée par André Major, Paul Chamberland, Pierre Maheu, Jean-Marc Piotte et André Brochu, fut un organe important au Québec de discussions théoriques et pratiques ancrées dans la pensée socialiste. Elle couvre les enjeux majeurs de l’époque, la question de l’aliénation culturelle et économique des Canadiens-Français, le rapport aux partis politiques et aux syndicats, l’organisation des luttes, le contrôle étatique de l’information et la répression politique / policière, etc. La revue oscilla cependant toujours entre un socialisme réformiste et l’option révolutionnaire marxiste-léniniste. Critique de l’anarchisme, elle publia pourtant plusieurs articles sur l’autonomie ouvrière.

Parallèlement, puis suite à l’expérience de la revue, existèrent aussi les éditions du même nom (1964-1986). Celles-ci publièrent principalement des essais nationalistes de gauche, des textes marxistes-léninistes, des romans traitant de la vie prolétarienne et des recueils de poètes engagés. On y trouve le révolutionnaire (mais désuet par son nationalisme québécois) Nègres blancs d’Amérique du felquiste Pierre Vallières, l’insipide opus réformiste L’urgence de choisir du même auteur, les bons essais de Jean-Marc Piotte La pensée politique de Gramsci et Sur Lénine, des recueils de Gérald Godin, On n’est pas des trous-du-culs de Marie Letellier, Le Cassé de Jacques Renaud, ou encore une Histoire du syndicalisme au Canada et au Québec (1827-1959) de Charles Lipton.

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Nous présentons ici un article du vol. 2, no. 3 de la revue, datant de novembre 1964. Intitulé Notre premier parti socialiste, l’article de Yvon Dionne fait une étude critique des mouvements socialistes au Québec depuis le début du XXe siècle jusqu’à 1964. L’auteur en conclut que le Québec, malgré les courants socialistes et révolutionnaires qui l’ont parcourus, n’avait jamais possédé de véritable parti socialiste. Ce parti socialiste est pour Dionne le parti qui doit sortir de Parti Pris.

« Le mot ‘socialisme‘ est évidemment entendu dans le sens d’une appropriation sociale, commune du capital, aujourd’hui approprié par des particuliers (d’où contradiction entre le travail et le capital, lutte des classes). Afin de pouvoir réaliser cette transformation révolutionnaire de la société, le manifeste appuie sur la nécessité de ‘mettre entre nos mains (celles du peuple) le pouvoir politique’, ‘par tous les moyens pratiques’ (ce qui sous-entend peut-être la lutte armée ; l’équipe de Parti Pris, soit dit en passant, n’a jamais considéré les élections que comme un moyen d’agitation politique : pas plus). Cela, c’est l’essentiel. »

Notre premier parti socialiste, p. 28

Parti Pris – novembre 1964 – Notre premier parti socialiste (Yvon Dionne)

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