Cet article se veut le premier d’une série portant sur l’expérience du Front de libération du Québec (FLQ, 1963-1972). Notre enquête vise à éclairer les sources, discours et pratiques de ce mouvement multiforme qui a marqué durablement l’imaginaire québécois. Bien qu’elle soit souvent réduite à la seule Crise d’Octobre, l’histoire du FLQ s’étend sur près de dix ans. Elle reste incontournable pour comprendre l’activisme des années 1960 et l’importance qu’a …
L’exposition « C’est notre lutte ! Groupes populaires et ouvriers (1970-1975) » s’est tenue du 24 au 27 mars 2023 au Bâtiment 7, à Montréal. Cinq ans d’effervescence politique au Québec y étaient présentées, en montrant la dynamique entre les comités populaires, les comités ouvriers, les organisations syndicales et les groupes révolutionnaires. L’exposition présentait divers artéfacts tirés du fonds documentaire Robert-Demers, produits par les groupes populaires et les comités d’action …
Le Black Panther Party for Self-Defense (BPP, 1966-1982) est le plus célèbre groupe révolutionnaire afro-américain. Prenant acte de la violence systémique vécue par les populations noires aux États-Unis, Bobby Seale et Huey P. Newton créent ce parti « pour l’autodéfense », mais aussi pour la révolution, en 1966. La jeune organisation se concentre d’abord sur la lutte contre la brutalité policière dans le centre-ville d’Oakland. Les membres du BPP mènent …
Ce texte fait suite à notre article WEATHER UNDERGROUND – 1969/1976. Partie I – Du SDS à la clandestinité, dont il est la seconde et dernière partie. De la scission au sein du SDS aux émeutes de la Convention nationale du Parti démocrate de juin 1969 jusqu’au Conseil de guerre de Flint, à la fin de décembre 1969, les Weathermen subissent une rapide évolution politique. Dès 1970, la plupart des …
La Rote Armee Fraktion (RAF) – ou Fraction Armée Rouge – (1968-1998) fut le principal groupe de lutte armée communiste en Allemagne de l’Ouest. Il s’est rendu célèbre par ses attaques massives et répétées contre l’état ouest-allemand et ses politiques impérialistes, contre les bases américaines sur le territoire allemand ainsi que contre les corporations médiatiques réactionnaires. Bien qu’en quelques années la presque totalité des membres originaux.elles de la RAF aient …
Au Québec, le métier de chauffeur de taxi existe depuis le début des années 1920. Déjà à l’époque, c’est un métier dur, un métier de crève-faim. Les permis sont émis sans restriction, ce qui a pour effet de créer un surplus de permis de taxis en regard de la demande. Les chauffeurs, qui ne sont pas nécessairement informés de cette situation au moment de l’achat de leur permis, se trouvent …
L’American Indian Movement (AIM) est créé à l’été 1968 à Minneapolis aux États-Unis, dans le contexte d’un renouveau des luttes autochtones. Le groupe est fondé par de jeunes Autochtones vivant dans les ghettos urbains du Midwest américain. Le groupe de jeunes militant.es fonde le AIM dans l’espoir de changer les conditions de vie des personnes autochtones. Avec le National Indian Youth Council (NIYC), l’American Indian Movement deviendra rapidement une des …
En 1968, les autorités canadiennes imposent un péage aux Kanien’kehá:ka (Mohawks) de la communauté d’Akwesasne qui désirent traverser le pont de Cornwall, un pont qui relie le soi-disant Canada aux soi-disant États-Unis. Elles imposent aussi des taxes douanières sur les biens rapportés des États-Unis par les Kanien’kehá:ka. Le hic, c’est que le territoire d’Akwesasne s’étend de l’État de New York aux provinces du Québec et de l’Ontario – il est donc coupé par deux frontières coloniales qui le séparent arbitrairement. Cette imposition de taxes douanières par le Canada constitue une violation de plusieurs traités et accords, dont le Jay Treaty de 1794, qui garantit pour toujours le libre-passage entre le Canada et les États-Unis aux Kanien’kehá:ka.
La communauté d’Akwesasne décide donc de bloquer l’accès au pont transfrontalier en décembre 1968. Ils et elles signifient ainsi leur intention de ne jamais payer de taxes à la frontière canado-américaine qui sépare leur territoire et réclament le respect du Jay Treaty. Même si la police intervient rapidement pour essayer de déloger les manifestant.es (avec difficulté), la lutte s’avère au final victorieuse – les habitant.es d’Akwesasne n’auront pas à payer de frais pour se déplacer sur leur territoire.
Cette lutte est une des premières confrontations « modernes » entre les peuples autochtones et les autorités coloniales en Amérique du Nord. Elle est significative des luttes pour l’espace que mènent les communautés autochtones depuis les années 1970 (par exemple l’occupation d’Alcatraz en 1970 ou la bataille de Wounded Knee en 1973).
Akwesasne Notes, vol.2, no.1, 1970, page 44
Le cas ira en cour puisque beaucoup de militant.es seront accusé.es de diverses offenses criminelles par la « justice », dont la militante Kahn-Tineta Horn de Kahnawà:ke, connue pour son implication politique depuis plus de 50 ans (à la rédaction d’Akwesasne Notes, dans les activités traditionalistes en collaboration avec Louis Karoniaktajeh Hall et lors de la « Crise d’Oka », notamment). Elle est arrêtée lors de l’occupation puis accusée d’obstruction au travail de la police et de possession d’arme, des charges pour lesquelles elle est finalement acquittée puisqu’elles constituaient une grossière exagération de la réalité.
La contre-attaque juridique de Kahn-Tineta Horn, qui intente une poursuite contre un officier de police qui l’a attaqué durant l’occupation du Seaweay International Bridge est malheureusement rejetée (article ci-dessus).
Un autre procès a lieu sur le fond de l’affaire (sur les taxes que les Mohawks « devraient » payer). Le procès est gagné par les habitant.es d’Akwesasne sur la base du Jay Treaty. Les preuves apportées en cour par ceux et celles-ci pour défendre leur cause feront aussi en sorte de mettre en lumière d’autres traités et accords qui permettaient aux habitants et habitantes d’Akwesasne de circuler librement sur leur territoire – comme un accord de 1933 signé avec la Cornwall-Northern New York Bridge Company, qui incluait le droit de circuler librement sur le pont (dans les mêmes termes que ceux du Jay Treaty).
Nous présentons ici le documentaire You Are On Indian Land (1969) de Mike Kanentakeron Mitchell, réalisateur et militant mohawk, qui relate les évènements de l’occupation. Le film, qui a beaucoup circulé, ainsi que la lutte de 1969 participent à la formation d’une nouvelle vague de militant.es autochtones dans les années 1970. Le film est notamment projeté durant l’occupation d’Alcatraz en 1970 et plus récemment durant l’occupation de 2009 dénonçant les abus commis par les gardes frontaliers canadiens à l’encontre des Mohawks d’Akwesasne lorsque ceux-ci se déplaçaient sur leur territoire.
Les informations de cet article sont tirées des premières pages du livre God Is Red (Vine Deloria Jr., 1972), du documentaire lui-même et de divers articles en ligne.